Conférence au siège européen des Nations Unis
Madame la Présidente,
Mesdames et messieurs,
Je suis très heureuse de me trouver ici
avec vous.
Le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme met en avant « la dignité et les droits égaux, inaliénables et inhérents à tous les membres de la famille des êtres humains ». Pourtant en regardant ce qui se passe dans le monde
aujourd’hui, particulièrement dans le domaine des droits humains en
Iran et dans tout le Moyen-Orient, on voit l’immense fossé qui sépare la situation actuelle du contenu de la Déclaration universelle.
En Iran, des exécutions quotidiennes marquent la guerre que livre
sans répit la tyrannie au peuple iranien. Dans la guerre à Gaza, près
de 2000 hommes, femmes et enfants
sans défense
ont été massacrés dans des offensives inhumaines. En Syrie et en Irak
se déroulent aussi des tueries à grandes échelle. C’est pourquoi il faut
se demander où se trouve l’ONU dans cette tourmente où les droits
humains sont écrasés ?
Entre 1994 et 2009, soit en quinze ans, il y a eu trois génocides au Rwanda, à Srebrenica et au
Sri Lanka. Quelques années après ces tragédies, le
secrétaire général de l’ONU s’est excusé. Mais ces catastrophes se poursuivent.

Pour ces trois dernières années uniquement, face aux tragédies
humaines en Syrie et en Irak et en raison des massacres à répétition à
Achraf et à Liberty, l’ONU a renoncé à ses obligations de manière
flagrante. Le nombre de personnes tuées par Bachar Al-Assad et Khamenei
en Syrie se monte à près de 200.000 soit 25 fois plus qu’à Srebrenica.
En Irak, le gouvernement vassal des mollahs, ces huit dernières
années, sous le commandement de la force Qods, s’était maintenu au
pouvoir par
des bains
de sang, l’élimination systématique des sunnites et leur massacre. A la
vaste insurrection des tribus et de la population irakienne qui réclame
un gouvernement démocratique et non confessionnel, il opposait des
tueries et des bombardements.
D’autre part, les conditions que le régime des mollahs et son
gouvernement vassal ont créées, ont permis à un mouvement extrémiste et
terroriste d’égarer la révolution populaire en Irak, de massacrer des
innocents, d’agresser les femmes dans leur dignité et d’écraser dans la
violence et dans un exode forcé les
communautés chrétiennes et Yazidi irakiennes, ce qui révolte la conscience de l'humanité et ceux qui croient dans un islam authentique.
Mais le plus surprenant, c’est que l’ONU considérait que son mandat officiel était de soutenir le
gouvernement irakien et de s’efforcer à le stabiliser.
L’ONU compte aussi dans son bilan concernant Achraf et Liberty un manquement évident,
car
elle n’a pas rempli son obligation d’empêcher à trois reprises le
massacre des habitants d’Achraf. Elle a collaboré avec le gouvernement
irakien pour imposer un déplacement forcé aux Achrafiens, elle a gardé
le silence quand le gouvernement irakien a transformé le camp Liberty en
prison avec des restrictions cruelles sur les médicaments et la
nourriture et elle n’a pas ouvert d’enquête sur le massacre de 52
membres de l’OMPI commis par le gouvernement irakien le 1er septembre
2013.
Oui, ce silence et cette inaction ont pour résultat la
disparition des valeurs de l’ONU. Pour mettre fin à cette situation, il
ne faut pas laisser ce régime profiter de son adhésion à l’ONU pour
redorer son image illégitime.
Chers amis,
Je voudrais à présent me pencher sur une terrible tragédie face à laquelle l’ONU et le
Conseil de Sécurité,
n’ont réagi ni quand elle a été commise, ni des années et des décennies
après. Il s’agit du massacre de 30.000 prisonniers politiques en Iran
en 1988, le plus grand carnage de détenus politiques dans le monde
contemporain.
Le dossier de ce massacre est en réalité la carte d’identité du
régime du guide suprême en tant que système totalement criminel. Toutes
les factions du pouvoir, ces 26 dernières années ont apporté leur
soutien à ce carnage. Actuellement, dans le gouvernement Rohani, le
ministre de la justice le mollah Pour-Mohammadi, a été un des membres de
la commission de la mort qui a ordonné l’exécution des victimes de ce
massacre.
L’ancienne commission des droits de l’homme de l’ONU, qui avait
trouvé des témoins et des documents nécessaires à ce sujet, s’est
pourtant abstenue de demander des comptes au régime. Et l’instance qui
l’a remplacée, le Conseil des droits de l’homme, n’a pas lui
non plus eu la moindre réaction.
Pour l’anniversaire de ce drame, je souhaite rendre hommage à tous
les héros qui sont tombés. Des mères âgées comme Sadat Hosseini de la
ville de Jahrom, des pères âgés comme Amir-Houchang Hadikhanlou de la
ville d’Oroumieh, des détenus politiques de l’époque du chah comme
Achraf Ahmadi, des candidats de l’OMPI aux élections législatives comme
Zahra Einolyaghine, Fatemeh Zareï et Chahbaz Chabazi, des
militaires
comme le colonel Mir-Fakhraï et le commandant Khalil Minaï, des
médecins spécialistes comme le Dr Tabibi-Nejad et le Dr Firouz Saremi,
des musiciens comme Abol-Ghassem Mohammadi-Arjangui, et des championnes
sportives comme Firouzan Abdi et Mahchid Razaghi, ainsi que des
résistants d’avant-garde valeureux comme Jafar Hachemi, Hassan Farsi
Assadollah Bani-Hachemi, Massoud Moghbeli, Mohammad-Reza Naïm,
Nosratollah Bakhchaï, Mahmoud Meimanat, Mostafa Behzad, Fariba Dachti,
Mehdi Gharaï et la famille Mirzaï.
De même, je voudrais rappeler la mémoire d’une femme courageuse,
symbole des victimes innocentes de ce massacre, Monireh Radjavi. Monireh
était membre d’
Amnesty International,
et avait 38 ans au moment de son exécution. Elle avait été emprisonnée
avec ses deux enfants de 3 et 5 ans. Elle avait d’abord été condamnée à
trois ans de prison. Puis ils l’ont gardée et finalement ils l’ont
pendue. Son crime était uniquement d’être la sœur de Massoud Radjavi, le
dirigeant de la Résistance.
J’ai dit pour commencer que ce dossier était la carte d’identité du
régime des mollahs. A présent je dois dire que c’est aussi la carte
d’identité de la Résistance du peuple d’Iran. Car un peuple qui mène une
résistance à tout prix, finira par obtenir la liberté.
En même temps, ce dossier est un chapitre injustifiable de l’ONU. Si
l’ONU n’avait pas gardé le silence durant 26 ans sur ce massacre des
prisonniers politiques, les mollahs n’auraient pu ensuite se livrer à un
crime aussi ignoble que le massacre d’Achraf. Nous appelons l’ONU à se
dresser contre les crimes contre l’humanité. A cet égard nous demandons
le renvoi de dossier du massacre des prisonniers politiques en 1988
devant le Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que le jugement de ses
responsables.

Mesdames et messieurs,
Cela fait exactement un an que le mollah
Rohani a pris ses fonctions de président du régime du guide suprême.
Nous savons que sa promesse principale était la modération. Mais quand
nous voyons que les mollahs procèdent dans leur période de modération à
plus de pendaisons, de torture et de censure des opinions que toutes les
autres années, une vérité majeure surgit : il s’agit de la phase
terminale de ce régime.
Toutes ces exécutions et arrestations sont la réaction des mollahs à
un danger qui menace leur existence même. Tout au long de cette année,
notre population a vécu dans l'horreur du rythme quotidien des
potences.... C'est l'histoire d’exécutions sans répit une année durant,
dont le chiffre ne suffira pas à rendre l’ampleur du désastre qu’elles
représentent. La plupart du temps, ce sont deux, voire trois personnes
qui ont été pendues par jour. La semaine dernière, en six jours, 36
personnes ont été exécutées à travers le pays. Il y a même eu une mère
et son fils qui ont été pendus ensemble à Zahedan dans le sud-est de
l’Iran. En même temps, des milliers de détenus attendent dans le couloir
de la mort dans les prisons du régime.
Les pressions contre les minorités ethniques et religieuses se sont
intensifiées. Des dizaines de journalistes et de blogueurs ont été
arrêtés. Un grand nombre de prisonniers politiques, dont Gholam-Reza
Khosravi, ont été exécutés. Il y a eu également des attaques féroces
lancées contre l’opposition organisée, qui ont conduit le 1er septembre
dernier au massacre de 52 Achrafiens et la prise d’otages de sept
autres.
En vérité, la modération au sein du fascisme religieux, n’est qu’un
mirage. Quiconque est issu de ce régime, en défend l’esprit néfaste, à
savoir la répression et la tuerie. C’est pourquoi nous disons à la
communauté internationale : ne vous livrez pas à de la complaisance avec
ce régime sur les droits humains. Dans les négociations nucléaires, ne
passez pas sous silence la question des droits humains. Et ne retardez
pas davantage le renvoi du dossier des droits humains en Iran devant le
Conseil de sécurité de l’ONU.
Mais est-ce que, par rapport au nombre d’habitants en Iran, ce régime
n’a pas commis un plus grand nombre d’exécutions que n’importe quel
autre pouvoir ? Est-ce que, selon les rapporteurs de l’ONU, 60% des
femmes et 23% des hommes détenus dans les prisons de ce régime ne sont
pas victimes de violences ?
Ce régime qui écrase son peuple en le privant de liberté ne mérite
pas de le représenter aux Nations Unies. Parce que dans le monde
d’aujourd’hui, le plus grand ennemi des droits humains, c’est le régime
iranien. Un régime qui verse le sang non seulement du peuple iranien,
mais aussi des peuples sans défense du Moyen-Orient.
La mission de l’ONU trouvera un sens le jour où elle rejettera
l’ennemi de l’humanité, à savoir la dictature du guide suprême. C’est de
cette manière que la cause des droits de l’homme fera véritablement
avancer l’ONU.

Chers Amis,
Les mollahs au pouvoir en Iran, depuis des années ont exporté la
répression et les violations des droits humains vers d’autres pays de la
région, en particulier en Irak et en Syrie à une grande échelle.
Ces derniers jours, le Premier ministre détesté d’Irak qui s’est
livré huit années durant au nom du régime iranien à des carnages et des
crimes en Irak, et notamment à trois massacres des membres de la
résistance iranienne, vient d’être destitué.
Il s’agit d’une défaite
stratégique irréparable pour les mollahs qui voient s’envoler en fumée
huit années d’investissements. Nous espérons que les efforts du peuple
et des défenseurs de la liberté en Irak, ces événements conduiront à
évincer totalement le régime iranien de la scène irakienne.
Cependant, la
situation actuelle
en Irak continue de présenter des dangers pour le camp Liberty. Je
souligne que le gouvernement américain et l’ONU, en vertu de leurs
promesses écrites et répétées et du droit international, sont
responsables de la protection des membres de l’OMPI qui se trouvent à
Liberty, jusqu’au départ d’Irak vers l’Europe et les USA du dernier
d’entre eux.
Le gouvernement américain doit empêcher le gouvernement irakien de se
livrer à toute agression contre l’OMPI à Liberty et le contraindre à
libérer les sept otages d’Achraf. Il doit garantir la protection de
Liberty et mettre fin au blocus inhumain. De même, en raison des
circonstances actuelles, l’ONU doit installer des observateurs et une
unité de casques bleus de l’ONU à Liberty.
Je voudrais terminer en saluant la mémoire du Pr Kazem Radjavi, le
grand martyr des droits de l’homme en Iran. Il a été assassiné près de
Genève par des terroristes envoyés par le régime iranien. Kazem et les
autres héros qui, selon ses mots, ont écrit les droits de l’homme avec
leur sang, sont les symboles d’une résistance qui se bat pour réaliser
dans le monde, comme le dit la Déclaration universelle, « la plus haute
aspiration de l’homme » et « l’avènement d’un monde où les
êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère ».
Je vous remercie